Jains : Les apôtres de la non violence

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Né à la même époque et dans la même région que le Bouddhisme, le Jainisme compte à peine 4 millions d’adeptes qui occupent néanmoins une place prépondérante dans l’Inde d’aujourd’hui. Traditionnellement éloignés des activités rurales (les travaux des champs impliqueraient l’anéantissement d’êtres vivants), ils sont sur-représentés dans les professions libérales, la finance, le commerce des denrées alimentaires et des métaux précieux.

Un Jain est étymologiquement un “vainqueur”, un homme qui a réussi à se libérer du désir et de l’illusion pour se fondre dans le cosmos et devenir Dieu. Au cours de l’Histoire, les disciples des 24 prophètes du Jainisme, appelés Tirthankaras ou “passeurs de gué”, se sont divisés sur la voie à suivre pour parvenir à cette libération. Au Ier siècle de notre ère, un schisme a consommé la rupture entre orthodoxes et libéraux, Digambers (“vêtus d’espace”, c’est à dire totalement nus !) et Shvetambers (“vêtus de blanc”). Les premiers considèrent qu’on ne peut atteindre le Nirvana en possédant ne serait ce qu’un lambeau de toile pour se vêtir !. Moins stricts, les “vêtus de blanc” portent cependant lors des cérémonies un masque de gaze sur la bouche, destiné à empêcher l’absorption involontaire de tout insecte ou poussière animée ! Les jains sont en effet persuadés que, par ignorance, l’homme peut causer la mort de créatures vivantes dont il ne soupçonne même pas l’existence et font de la non violence leur premier credo.

Chaque jour, eau, lait, santal et fleurs sont offerts aux pieds des “passeurs de gué”. Et, une fois tous les douze ans, dans la petite ville de Shravanabelagola au Karnataka, l’immense statue du prophète Bahubali est toute entière sanctifiée par la Mahamastakabisheka, la “grande onction”, une extraordinaire explosion de couleurs digne d’une super production Hollywoodienne.