La route de l’encens

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Le Yémen doit son ancien nom d’ ”Arabie Heureuse” à la culture et au commerce de la myrrhe et de l’encens qui firent sa fortune dans la haute Antiquité. Cultivés principalement dans la région de l’Hadramaout, dans l’ex Yémen du sud, myrrhe, encens et aromates figuraient parmi les produits les plus coûteux de tout l’orient méditerranéen, où ils étaient utilisés à des fins religieuses, culinaires et cosmétiques. La Bible fait de fréquentes références au commerce fructueux des marchands sabéens qui acheminaient à dos de chameau leurs précieuses denrées jusqu’au Liban et en Palestine. Elle évoque notamment “la grande abondance d’aromates, telle qu’il n’en vint plus jamais de pareille”, que la Reine de Saba offrit en présent au roi Salomon.
Rouverte en 1990, après la réunification des deux Yémen, la route de l’encens reste en dépit des risques liés à l’instabilité politique du pays, un voyage mythique. Semblable au jardin d’Eden, après la fournaise du désert de Ramlat as Sab’atayn, la magnifique vallée de l’Hadramaout témoigne de l’âge d’or des caravanes. Baptisée “la Manhattan du désert”, sa capitale, Shibam, est hérissée de près de 500 gratte-ciels de terre, hauts de 5 à 7 étages. Mais la plupart des arbres à encens ont disparu et ne se trouvent plus guère que dans le wadi Do’an, une autre vallée fertile émaillée de villages et forteresses éblouiss ants fondus dans les replis de hautes falaises de grès rose. Seule une poignée de Somaliens s’échinent encore à parcourir ces pentes abruptes, ces plateaux pierreux brûlés de soleil, pour entailler les arbres et recueillir la précieuse résine. Le déclin du commerce de l’encens n’est pas nouveau : il remonte au recul du paganisme, grand consommateur d’aromates, sous la pression du christianisme naissant, hostile aux parfums rituels.